100 mots les plus utilisés en russe

Découvrezle vocabulaire essentiel, les mots et expressions les plus utiles, rangés par thèmes. La langue portugaise peut connaître quelques variations, qu’elle vienne du Portugal, du Brésil ou d’un autre pays dans lequel Lesdernières actualités sur Russie. Et pourtant, la publicité ciblée est un moyen de soutenir le travail de notre rédaction qui s’engage à vous proposer chaque jour une information de Sil'on ne tient compte que des langues étrangères modernes, la proportion des emprunts n'atteint pas les 10%. Par comparaison avec l'anglais qui a emprunté plus des deux tiers de ses mots à d'autres langues, nous pouvons constater que le français n'a pas emprunté beaucoup de mots étrangers au cours de son histoire. Pourcomprendre à peu près une langue, il suffit de connaitre les 500 mots les plus utilisés ! Incroyable ? Mais pourtant vrai ! Ces 500 mots représentent plus de 65 % des mots d’un texte ou d’une discussion. Donc si vous connaissez ce vocabulaire de base, vous avez de grandes chances de progresser en anglais, de comprendre les Larmée russe n’a pas encore utilisé les armes les plus modernes dans son opération spéciale en Ukraine. L’expert militaire Alexei Leonkov explique pourquoi les forces armées russes n’utilisent pas au combat, par exemple, des bombes à détonation volumétrique, Okhotnik, Pacer, des drones Altius, des chars T-14 de la plateforme Armata ou des robots de nonton film my lecturer my husband episode 1 8. Dernière mise à jour25th février, 2017, 701 Voici une liste d’insultes et gros mots en japonais. Parce qu’il en existe comme dans toutes les langues, et que très souvent, ce sont les mots que l’on retient le plus facilement. On les appelle les Bujoku en japonais. Lorsque l’on commence à apprendre le japonais, on se rend compte que la langue est très polie. Et lorsque l’on discute avec des japonais, et qu’on leur demande de nous apprendre des mauvais mots dans leur langue, ils répondent très souvent qu’il n’y en a pas. Mais en réalité, il en existe une belle flopée, c’est juste qu’ils ne les utilisent quasiment jamais. Alors, pour répondre à la curiosité de certains d’entre vous, j’ai décidé de faire une petite liste de gros mots en japonais, que voici. Mais avant de commencer, je vous préviens de suite sur le fait que ces mots, pour la plus part, ne sont jamais, ou presque jamais, utilisé dans le quotidien par les japonais. En effet, ils sont à l’opposés des anglo-saxons ou francophones qui aiment à utiliser des insultes de manière plus que courante. Alors, faites attention à ne pas les utiliser de peur d’offenser quelqu’un ou de vous créer des problèmes. Je vous les fournis juste à titre informatif. – 雌豚 Mesu Buta cette insulte s’utilise pour traiter une fille de truie ». – クソ野郎 Kuso Yaro yaro signifie vaurien » et kuso merde ». – 馬鹿野郎 Baka Yaro ce mot signifie un idiot », de manière accentuée – ブサイク Busaiku à utiliser uniquement pour un homme et pour lui dire qu’il est laid ». – ブス Busu à utiliser pour les femmes uniquement pour dire qu’elles sont laides. Très mal poli et déplacé. – あばずれ Abazure ce mot veut dire salope » et s’utilise pour les femmes. Il se voit presque exclusivement dans les sous-titre de films étrangers au Japon. – アホ Aho ce mot signifie tout simplement idiot. – バカ Baka ce mot aussi signifie idiot. Il est plutôt couramment utilisé, malgré le fait que ce soit une insulte. – 馬鹿たれ Baka Tare ce mot signifie idiot de façon plus poussée, ou alors crétin. – 畜生 Chikusho pour désigner quelqu’un de merde ou de bête. Il est utilisé quand on est énervé, un peu l’équivalent de merde » en français. – ファック FAKKU directement transcrit de l’anglais FUCK », tout simplement. – 地獄へ行け Jigoku he ike se traduit par va en enfer », et comporte bien sûr le même sens. – 糞食らえ Kuso Kurae littéralement, il signifie mange de la merde », mais veut dire va te faire foutre ». – クソガキ Kuso Gaki signifie sale gosse » et est utilisé pour les enfants terrible. – くたばれ Kutabare signifie la même chose que Kuso Kurae plus au-dessus. – 舐めるな Nameruna impossible à traduire mot pour mot, mais il signifie, en quelque sorte ne me prend pas la tête » de manière assez méchante. – 死ね shine tout simplement, cela veut dire crève », à la forme impérative. – 戯言 tawagoto ce gros mot aussi à un sens semblable à merde ». – テメエ Temee cette insulte veut dire bâtard » – うるせい Urusei est souvent utiliser pour dire à quelqu’un de se la fermer, tout simplement. – 失せろよ Usero yo encore un équivalent de va te faire foutre ». – ヤリマン Yariman à utiliser pour une femme à qui on veut faire une référence à une salope, car cela veut littéralement dire le faire 10000 fois. – チンコをしゃぶる Chinko Wo Shaburu celui-ci est vraiment très déplacé et très peu utiliser, seulement par les mauvais garçons. Il signifie suce moi les boules ». – 太ったクソ futotta kuso celui-ci veut dire grosse merde ». – ふざけるな Fuzakeruna veut aussi dire va te faire foutre ». – 貴様 Kisama ce mot signifie bâtard ». – 腐ってる親父 Kusatteru oyaji celui-ci veut dire minable vieillard ». – 負け犬 Makeinu celui si s’utilise pour traiter méchamment quelqu’un de perdant. Voici donc une liste de 28 mauvais mots, gros mots et insultes en japonais, que l’on appelle Bujoku. Faites attention à ne pas les utiliser, ou alors à le faire avec maitrise ou modération pour ne pas offenser les gens, car ces mots n’ont pas la même portée que dans nos langues à nous. About the author Aala View all posts by Aala Je m’appelle Aala et en Novembre 2009 j'ai décidé de parcourir le monde. Après un tour du monde de presque deux ans je suis arrivé au Japon en mai 2011 et depuis je vis à Tokyo. J'ai décidé de lancer ce site afin de partager avec vous mes expériences de voyages et de vie au pays du Soleil-Levant. Twitter - Facebook L'armée russe a annoncé ce mercredi l'essai réussi d'un gigantesque missile intercontinental. Le RS-28 Sarmat peut parcourir km et détruire un territoire grand comme la du tir d'essai du Sarmat fait froid dans le dos d'autant que le message de Vladimir Poutine est clair. Selon le président russe, ce missile nucléaire intercontinental a pour but de faire "réfléchir" les ennemis de la tir a été effectué depuis l’aire de lancement de Plessetsk, dans la région d’Arkhangelsk, dans le nord-ouest de la Russie. Le missile aurait atteint une cible sur le terrain militaire de Koura, dans la péninsule russe du Kamtchatka, en Extrême-Orient, située à plus de 5 000 kilomètres de la zone de s'agit d'un missile balistique intercontinental de cinquième génération. D'un poids dépassant 200 tonnes, il est plus performant que son prédécesseur et "n'a pratiquement pas de limites en matière de portée", selon Vladimir Poutine, qui l'a jugé à même de "viser des cibles en traversant le pôle Nord comme le pôle Sud".• RS-28 Sarmat, qu'est-ce que c'est?Le RS-28 Sarmat est un colosse que la Russie met au point depuis 2009. D'un poids de 200 tonnes, il peut transporter jusqu'à 10 têtes nucléaires, de quoi raser un pays grand comme la France ou un Etat américain comme le Texas. Sa puissance serait de 100 à 200 fois celle de la bombe atomique qui a frappé potentiel est d'autant plus crédible qu'il peut atteindre des cibles à plus de kilomètres de distance. Certains experts disent que sa portée serait même de km de quoi frapper n'importe quel objectif sur la planète avec des sous-munitions capables de viser plusieurs objectifs la Russie, son autonomie lui permettrait d'utiliser des trajectoires en passant par les pôles Nord et Sud pour frapper par surprise partout sur la planète. Mais surtout, il serait équipé d'une technologie capable de "déjouer tous les systèmes anti-aériens modernes".• Sarmat, Satan 2, pourquoi ces noms?Ce missile a été nommé Sarmat en référence à un peuple ancien dont le territoire, la Sarmatie, longeait en partie la Mer Noire et s'étendait sur les territoires de l'Ukraine et Russie de ce nom proviendrait de "Sauromate" lui-même issu du grec "sauros", un lézard recouvert d'une armure faite d'écailles. Selon la légende, les Sauromates, ancêtres des sarmates, seraient les enfants d'Amazones qui se seraient accouplées avec des surnom de Satan 2 a été donné par les occidentaux. Il exprime la puissance de destruction du missile thermonucléaire, mais aussi la succession du missile SS-18 surnommé Satan. Développé dans les années 60 et fabriqué dans l'usine d'armement Loujmach, ancien fleuron du complexe militaro-industriel soviétique située à Dnipro, en Ukraine de l’ 2017, cette usine a été accusée de fournir à la Corée du Nord des moteurs de missiles. Le gouvernement ukrainien a toujours nié et accusé la Russie de diffuser ces informations pour saper les relations de Kiev avec les occidentaux.• Poutine menace-t-il l'Occident?L'annonce du test de Sarmat fait partie de la stratégie de dissuasion de la Russie. D'ailleurs les commentaires de Vladimir Poutine ne laisse aucun doute."C'est une arme unique qui va renforcer le potentiel militaire de nos forces armées, qui assurera la sécurité de la Russie face aux menaces extérieures et qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer notre pays avec une rhétorique déchaînée et agressive", a déclaré le président russe,Mais pour le Pentagone, ce tir n'est en rien une menace ni pour les Etats-Unis ni leurs alliés. Pour cet essai de "routine", Moscou aurait au préalable "convenablement informé" Washington, conformément à ses obligations relevant des traités sur le nucléaire. Pour John Kirby, porte-parole du ministère américain de la Défense, il ne s'agissait donc pas d'une "surprise".En effet, l'an dernier, l'agence Tass indiquait que le programme Sarmat était en cours et que cinq essais étaient prévus en 2022. Celui de mercredi serait donc le premier de la série.• Invincibles, hypersoniques et invisibles, le nouvel arsenal russe?Le Sarmat n'est pas la seule arme de nouvelle génération de la Russie. Depuis plus d'une décennie, Moscou élabore un arsenal de nouvelle génération composée de missiles qualifié d'invincibles.• Avangard, missile "invincible"Les missiles hypersoniques russes Avangard "avant-garde" en russe sont capables de changer de cap et d'altitude à très haute vitesse, les rendant "pratiquement invincibles". Testés avec succès en décembre 2018, leur vitesse a alors atteint Mach 27, soit 27 fois la vitesse du son. Ils ont réussi à toucher une cible située à environ 6000 km. Ils ont été mis en service en décembre 2019.• Kinjal, "poignard" hypersoniqueUtilisés pour la première fois vendredi par l'armée russe, les missiles hypersoniques Kinjal "poignard" en russe ont permis selon Moscou la destruction d'un entrepôt souterrain d'armements dans l'ouest de l'Ukraine. Ce type de missiles, très manoeuvrable, est censé défier les systèmes de défense anti-aérienne. Ils ont atteint, lors des essais, toutes leurs cibles à une distance pouvant atteindre 1000 à 2000 km. Ils équipent les avions de guerre MiG-31.• Peresvet, laser de combatLes caractéristiques techniques des systèmes laser de combat Peresvet du nom d'un moine guerrier du XIVe siècle sont secrètes. Ils sont prêts au combat depuis décembre 2019, selon le ministère de la Défense.• Poséidon, drone sous-marinLe Poséidon, drone sous-marin élaboré pour la dissuasion nucléaire russe, sera capable de se déplacer à plus d'un kilomètre de profondeur, à une vitesse de 60 à 70 noeuds, tout en restant invisible pour les systèmes de détection. Des tests du système Poséidon ont eu lieu en 2020. Il équipera à terme le sous-marin nucléaire Belgorod, navire qui a été mis à l'eau en 2019 mais dont la mise en service a été repoussée à l'été 2022.• Bourevestnik, l'oiseau de tempêteD'une "portée illimitée", toujours selon Vladimir Poutine, le Bourevestnik serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d'interception. Ce missile de croisière dont le nom provient d'un oiseau de mer dont l'étymologie russe est le mot "tempête".• Zircon, missile marin "invisible"Le premier tir officiel du missile hypersonique Zircon du nom d'un minéral utilisé en joaillerie date d'octobre 2020. Il vole à Mach 9 pour atteindre des cibles maritimes comme terrestres. Fin décembre 2021, Vladimir Poutine a annoncé un premier tir d'essai réussi d'une salve de Zircon. D'autres essais ont eu lieu depuis octobre 2020 dans l'Arctique russe, notamment à partir de la frégate Amiral Gorchkov et d'un sous-marin de munitions dans une base russe en Crimée l'armée russe dénonce "un acte de sabotage""Je n'ai pas vraiment envie de parler russe" à Kiev, ces femmes gomment leur accent russophonePoutine accuse les Etats-Unis de faire "traîner" le conflit ukrainien et de chercher à "déstabiliser" le monde Introduction 1Récemment, de nombreux articles ont plus ou moins explicitement relayé l’idée que l’action politique de Vladimir Poutine était guidée par l’idéologie néo-eurasiste, notamment depuis l’annexion de la Crimée et l’éclatement de la guerre en Ukraine. De ce fait, on pourrait croire que le pouvoir russe, et plus largement divers courants politiques porteurs d’un projet impérialiste russe Teurtrie, 2009, profitent de la popularité de cette idéologie dans l’opinion publique pour justifier une politique étrangère visant à restaurer l’influence de la Russie sur son étranger proche. Dans la première partie de cet article, notre analyse repose sur l’hypothèse qu’un projet géopolitique néo-eurasiste, s’il existe parmi les élites politiques, serait mis en œuvre par les dirigeants russes avec d’autant plus de chances de succès que la notion d’Eurasie est elle-même largement répandue dans la population russe, voire des pays voisins. Nous choisissons de ne pas considérer l’idée selon laquelle la population russe est majoritairement néo-eurasiste comme un postulat mais plutôt comme une hypothèse qui mérite d’être vérifiée. Ainsi, notre objectif est de vérifier si l’idée d’Eurasie occupe réellement une place importante dans les représentations du monde des Russes, en particulier des étudiants. Enfin, pour mener cette analyse, nous utiliserons les résultats d’une enquête consacrée aux représentations et aux découpages du monde en régions, à partir desquels nous pouvons estimer l’importance de la notion d’Eurasie dans les cartes mentales des étudiants russes et des étudiants de plusieurs pays du monde, en particulier européens. De l’Eurasie à l’eurasisme Eurasie émergence et retour d’une notion ambiguë 2La notion d’Eurasie a connu une certaine fortune dans les années 1920 et 1930 en Russie Bassin, 2009. Après une éclipse, elle a fait un retour dans les années 1990 dans les discours politiques, dans la presse et dans les revues scientifiques. Sa signification est ambiguë. M. Gabowitsch 2009 rappelle par exemple que ce mot est le résultat de trois façons d’agréger Europe » et Asie » la simple addition, ce qui revient à désigner l’ensemble des terres qui va de la côte atlantique à la côte pacifique ; le mélange, ce qui revient à définir ce qui est eurasien comme le produit d’un métissage ; la désignation d’une entité géographique qui se trouve entre l’Asie et l’Europe et qui ne les recouvre donc pas complètement. Les théoriciens de l’Eurasie, notamment Lev Goumilev, présentaient en réalité celle-ci comme une vraie synthèse, organique, inébranlable et indivisible, entre l’Europe représentée par les éléments slaves orientaux et l’Asie incarnée par la culture des nomades turcophones. Par ailleurs, les adjectifs eurasien » ou eurasiatique » sont utilisés dans des contextes variés. Ainsi l’Eurasie est parfois un simple toponyme neutre et descriptif ; mais c’est aussi parfois un étendard idéologique accolé à des projets politiques, dans plusieurs pays tels que la Russie, la Turquie et le Kazakhstan Tapia, 2009 ; Dressler, 2009. 3En Russie, l’eurasisme a fait un retour remarqué après 1991, sous l’appellation néo-eurasisme » influencée par diverses doctrines politiques conservatrices Laruelle, 2013. Le néo-eurasisme se divise en plusieurs courants qui partagent quelques idées fondamentales l’ensemble formé par la Russie et ses voisins proches est une entité continentale à part entière qui correspond à l’extension maximale de l’Empire russe à la veille de la Première Guerre mondiale sans la Pologne et la Finlande ; l’Eurasie désigne un espace intermédiaire à cheval sur l’Europe et l’Asie ; l’opposition entre Orient et Occident est irréductible ; il existe une spécificité de la Russie face à l’Europe et le néo-eurasisme souligne le caractère naturel » de son empire Laruelle, 2013. 4L’auteur néo-eurasiste le plus populaire est A. Dugin dont les ouvrages proposent une vision globale des relations internationales, qui fait écho aux écrits de Samuel Huntington et pourrait légitimer un projet d’expansion néo-impériale russe clair et cohérent constituer un bloc continental eurasien pour lutter à armes égales contre le bloc atlantique. Il faudrait ainsi selon lui réorganiser la Fédération de Russie sur le modèle de l’Union soviétique en y incluant l’ensemble de l’ancien bloc socialiste, dont les pays Baltes et les pays orthodoxes des Balkans, mais aussi élargir sa sphère d’influence hors de l’espace soviétique Mandchourie, Xinjiang, Tibet, Mongolie à la faveur d’une expansion jusqu’aux rives de l’océan Indien. L’influence du néo-eurasisme en Russie. Un sujet qui fait débat 5L’influence de la doctrine néo-eurasiste sur les dirigeants russes, notamment sur Vladimir Poutine, fait débat. Pour certains, l’influence d’A. Dugin serait indéniable Pryce, 2013. A l’appui de cette hypothèse, on rappelle volontiers que le président russe met en œuvre des projets d’intégration régionale qualifiés d’eurasiatiques par exemple la Communauté économique eurasiatique. D’autres auteurs plus prudents rappellent que la relation de Vladimir Poutine avec le néo-eurasisme est ambiguë Hamant, 2009 ; Laruelle, 2013. Son parti politique a bien récupéré certains éléments de l’eurasisme, affirmant que la Russie a pour mission d’être le pivot de l’Eurasie, mais il n’inscrit pas officiellement son programme de politique étrangère dans le sillage des auteurs néo-eurasistes. En revanche, l’influence du néo-eurasisme est claire au sein du parti communiste et dans de petits partis comme celui du nationaliste Vladimir Jirinovski. 6Malgré ses fondements pseudo-scientifiques très fragiles, l’idéologie néo-eurasisme s’est diffusée dans la société russe. Cette dernière y a trouvé une forme de compensation à la marginalisation de la Russie dans les affaires européennes et mondiales. C’est aussi une réaction à la disparition de l’Union soviétique puisque l’Eurasie, telle qu’elle est définie par divers auteurs, est vouée à être dominée par la Russie et couvre un espace qui correspond plus ou moins à l’ancien empire russe puis soviétique Eckert, 2012. Le recours aux représentations mentales pour l’analyse géopolitique Les interactions entre high et low geopolitics 7Les représentations sociales ont une place centrale dans l’analyse géopolitique. Certains auteurs anglo-saxons parlent de geopolitical perceptions ou de geopolitical visions O’Loughlin, Talbot, 2005 et proposent de distinguer quatre concepts fondamentaux de l’analyse géopolitique la culture géopolitique, les traditions géopolitiques, les discours géopolitiques et les imaginaires géopolitiques O’Thuatail, O’Loughlin, Kolossov, 2005. Ce dernier renvoie à la notion de low geopolitics », Kolossov, 2003, c’est-à-dire aux représentations et aux questionnements de l’homme de la rue sur la situation de son pays dans le monde, sur son identité, sur son appartenance à une civilisation et sur les orientations de sa politique étrangère. En revanche, les traditions géopolitiques renvoient à la high geopolitics » Kolossov, 2003, c’est-à-dire un ensemble plus ou moins organisé et défini d’écoles de pensée géopolitique qui peuvent éventuellement se diffuser dans les doctrines de politique étrangère des États. High et Low geopolitics se donnent à voir dans trois types de discours i les discours scientifiques élaborés et théoriques sur la politique étrangère et les relations internationales, ii les discours des hommes politiques et des praticiens de la politique étrangère et iii la géopolitique populaire. 8High et low geopolitics doivent être prises en considération en même temps lorsqu’on étudie certaines situations géopolitiques. Qu’elles renvoient à des réalités observables ou à des fantasmes, elles peuvent être à l’origine de rivalités territoriales. Par ailleurs, elles s’influencent mutuellement O’Loughlin, Talbot, 2005, car les préférences politiques dominantes au sein d’une population ne peuvent pas être toutes ignorées par les gouvernements. On peut ainsi faire l’hypothèse qu’un gouvernement serait difficilement en mesure de mettre en œuvre une politique étrangère qui serait fondamentalement opposée à ces préférences et aux représentations qui leur sont associées. Inversement, les gouvernements peuvent influencer l’opinion publique et diffuser certaines idées et représentations dans la population. Ainsi, pour pouvoir mettre en œuvre une politique étrangère néo-eurasiste, celle-ci devrait faire écho à des représentations du monde de type néo-eurasiste largement diffusées dans la population russe cela lui donnerait une légitimité plus grande et renforcerait ses chances de succès. La carte mentale des régions du monde comme outil d’analyse de la low geopolitic » 9Afin de tester le poids de l’Eurasie dans les représentations des étudiants russes, nous utilisons une méthode fondée sur l’analyse des représentations mentales de l’espace mondial. Le Monde est un objet de représentation à part entière Moles A., Rohmer E., 1977. Il est au moins connu de manière théorique à travers le filtre de l’éducation, de la télévision, d’Internet ou de la presse » Paulet, 2002. On peut en analyser les représentations mentales de plusieurs manières. Celle que nous avons retenue consiste à faire dessiner un ou plusieurs espaces les régions du Monde sur une carte muette où les contours des pays sont représentés. Cela introduit un élément d’interprétation de l’espace Didelon-Loiseau, 2013 et conduit les personnes enquêtées à livrer leur vision de celui-ci. En traçant les régions, chaque enquêté rassemble ce qui se ressemble et sépare ce qui est différent dans une démarche classique de régionalisation Béguin, 1979 ; Haggett, 1973 ; Montello, 2003 ; Saint-Julien, 2004. L’exercice conduit donc les enquêtés à livrer leur grille de lecture du Monde, quels que soient les critères qu’ils utilisent. L’analyse de ce matériel permet donc de mettre à jour des zones de cohérence et des limites entre les espaces régionaux. Par ailleurs, si on demande aux enquêtés de nommer les régions, l’analyse des noms donnés fournit des informations sur les grilles de lecture et les cadres de référence mobilisés pour la régionalisation. On peut ainsi comprendre comment les individus appréhendent l’espace géographique en analysant les expressions qu’ils utilisent Burrough et Frank, 1996. 10Dans des travaux précédents Didelon-Loiseau, 2013, nous avons montré que la régionalisation du monde permet également d’explorer la manière dont les individus se positionnent à l’échelle mondiale. Cela est permis notamment par la forte tendance au centrage des cartes autour du lieu où se trouve l’individu qui dessine la carte. Cette tendance est un des principaux facteurs d’organisation des cartes mentales, quelle que soit l’échelle. Ce qui est donc particulièrement intéressant dans la régionalisation du monde, c’est que l’individu qui trace des régions sur une carte détermine des aires de coappartenance perçues pour lui-même et pour les autres. Il dessine l’espace dans lequel il se trouve, mais donne également sa représentation des autres régions, c’est-à-dire des espaces qu’il considère comme des espaces de coappartenance pour d’autres lieux. Cette dialectique de la confrontation du nous » et du eux » est considérée par de nombreux chercheurs comme un facteur essentiel de l’identité qu’elle soit individuelle Ricœur, 1990 ou collective Bailly, Ferras, Pumain, 1995 ; Badie, 1995, sociale ou spatiale. Corpus et méthodes d’analyse 1 Projet EuroBroadMap, financé par la Commission Européenne dans le cadre du 7ème PCRD, 2009-2011. 11Les cartes proposées ici à l’analyse sont issues d’un projet de recherche1 dans lequel une enquête a été réalisée sur plusieurs milliers d’étudiants 9 343 d’octobre à décembre 2009 dans 18 pays, dont la Russie, l’Azerbaïdjan, la Turquie, la Moldavie, la Roumanie, la Chine, etc. En Russie l’enquête a été réalisée dans 4 villes, Moscou, Iekaterinbourg, Stavropol and Khabarovsk, situées dans différentes régions du pays. Les 827 questionnaires récoltés, ont été remplis par des étudiants de niveau licence » dans différents domaines académiques économie, santé, sciences politiques, géographie, sciences de l’ingénieur, art Kolossov, Zatava, 2011 ; Kolossov, 2013. Les étudiants sont une population particulière mais légitime si on se replace dans l’hypothèse d’une relation entre high et low geopolitics. Compte tenu de leur niveau d’instruction, on peut penser qu’ils ont tendance à s’informer et à se donner les moyens de comprendre la politique étrangère de leurs dirigeants. De ce point de vue, ils forment une catégorie de population en situation intermédiaire entre la low » et la high » geopolitics Les représentations sociales observables parmi ces étudiants revêtent donc un intérêt particulier puisqu’on peut faire l’hypothèse qu’elles sont influencées par leur appartenance générationnelle, la manière dont ils envisagent leur avenir. 12L’une des questions au cœur du questionnaire était le découpage du Monde en régions. Une carte muette du monde en projection polaire était proposée aux étudiants et était accompagnée de la consigne suivante Découper le monde en 2 à 15 régions ». On demandait de numéroter les régions tracées et de leur attribuer un nom. L’ensemble des régions proposées dans les questionnaires valides a ensuite été numérisé la base de données obtenue est constituée de polygones localisant les limites des régions identifiées et des noms qui leur ont été donnés. Cette base de données est ensuite traitée grâce à une grille de carrés de 100 km de côtés permettant de s’affranchir de la maille nationale. Deux types d’analyses complémentaires peuvent être menés Didelon-Loiseau, 2013 nous nous intéressons, d’une part, aux régions de coappartenance des lieux en analysant notamment les noms des régions dans lesquels ils sont inclus approche topologique ». On cherche à savoir à quels autres espaces un lieu est associé. Cette approche permet de qualifier la forme et l’extension de la zone de coappartenance et, au sein de cette zone, la variation de la fréquence de co-inclusion. Elle permet également d’analyser l’ensemble des termes utilisés pour nommer les régions qui incluent ce lieu. Nous pouvons nous intéresser d’autre part aux régions identifiées sur la base de leur nom en analysant leur localisation et leur extension régions toponymiques. Cette sélection peut s’effectuer sur un nom unique, Europe » par exemple, ou par la présence de tout ou partie du nom dans une chaîne de caractères plus grande Union européenne, Europe de l’Est, etc. Il est ensuite possible de représenter la fréquence d’appartenance des lieux à la région étudiée. La Russie, l’Eurasie et l’Europe un choc des régionalismes ? L’Eurasie dans les représentations du Monde 13Dans un premier temps, nous avons mis en œuvre une approche toponymique » en sélectionnant le nom Eurasie » et analysé sa fréquence d’utilisation et la configuration de la région formée par les polygones portant ce nom. L’Eurasie » ne fait pas partie des régions les plus fréquemment identifiées. Elle vient en 28ème position identifiée par 123 individus, soit 0,35 % des noms de régions utilisés et 2,35 % des questionnaires, ce qui la place loin des régions continents », telles que l’Afrique, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Australie et l’Océanie toutes identifiées dans plus de 20 % des questionnaires. Elle est même moins fréquemment identifiée que la Russie en 9ème position, 793 occurrences, présente dans 15,16 % des questionnaires. Les régions citées aussi fréquemment que l’Eurasie sont par exemple l’Antarctique, le Groenland, la Turquie et l’Europe de l’Ouest. La représentation du Monde des étudiants interrogés est donc d’abord fortement marquée par une vision continentale, ce qui est un résultat classique Lewis & Wigen, 1997; Grataloup, 2009. En revanche, la répartition des citations par pays diffère beaucoup des autres pays enquêtés. Le terme Eurasie », ainsi que nous le verrons ci-après, est en effet majoritairement utilisé par les étudiants russes de l’échantillon. 14La prédominance des étudiants russes dans l’identification d’une région Eurasie permet d’envisager l’hypothèse que la région qu’ils tracent correspond à la notion d’Eurasie telle qu’elle est définie par les auteurs néo-eurasistes et certains partis politiques russes voir supra. Or on observe deux grandes tendances à partir de l’analyse des fréquences d’inclusion dans la région Eurasie » figure 1. La première est l’existence d’une région eurasiatique couvrant une large partie des régions habituellement identifiés comme l’Europe et l’Asie plus de 50 % des questionnaires citant l’Eurasie, c’est-à-dire une définition relativement neutre et consensuelle. L’autre, incluse dans la première, se limite aux frontières de la Fédération de Russie du Kazakhstan et de la Mongolie. La première structure observée semble plus large que l’Eurasie des élites russes, puisqu’elle inclut aussi bien la France et la Norvège que le Vietnam et la Thaïlande qui ne font pas partie des ambitions régionalistes de la Fédération de Russie. La seconde structure est plus petite que l’Eurasie des élites russes puisqu’elle n’inclut ni l’Ukraine bien qu’une petite partie orientale y soit inclue, ni la Biélorussie, ni l’Ouzbékistan, ni la Géorgie. A l’ouest, elle suit plus ou moins bien les frontières de la Fédération de Russie, mais elle inclut, au sud, le Kazakhstan et la majeure partie de la Mongolie. Ce tracé ne correspond à aucune construction régionaliste polarisée par la Russie ni l’Union douanière, ni la Communauté économique eurasiatique. Figure 1. Structure de la région identifiée comme Eurasie » sur une carte du Monde. La Russie sur la carte du Monde 15La Russie apparait donc comme un élément structurant dans la représentation de l’Eurasie par l’ensemble des étudiants du Monde. Cela peut être dû au fait que la majorité des étudiants identifiant l’Eurasie sont russes. Cela pose la question de la spécificité probable de leurs représentations du Monde. En ce qui concerne la structure de leurs régions mentales, la représentation du Monde de ces étudiants est sensiblement identique à celle de l’ensemble de l’échantillon, à l’exception de leur tendance à identifier plus fréquemment figure 2 une région australienne / océanienne 95 % des étudiants russes, contre 43 % pour l’ensemble de l’échantillon, l’Afrique arrivant seulement en deuxième position. La différence majeure de leur régionalisation réside dans leur tendance à identifier une région Russie » qui vient amputer largement la région Asie » généralement identifiée par l’ensemble des étudiants de l’échantillon. Le nom Russie » arrive chez les étudiants russes en 7ème position des noms de région utilisés 8ème pour l’ensemble de l’échantillon, mais il est utilisé dans des proportions beaucoup plus grandes 15 % seulement pour tout l’échantillon contre plus de 50 % pour les étudiants russes. Cette tendance peut s’expliquer par la conjugaison de trois facteurs. Le premier est la propension au centrage des cartes mentales qu’on observe dans les cartes faites à main levée. Cela se traduit par une tendance à identifier en premier la région dans laquelle on se trouve donc à la numéroter 1 » Didelon-Loiseau, 2013. Le deuxième tient à la superficie de la Fédération de Russie. Ainsi, si les étudiants de petits pays comme la France, le Portugal, la Roumanie, le Sénégal, etc. ont tendance à inclure le pays dans lequel ils se trouvent dans une région plus vaste l’Europe, l’Afrique, les étudiants interrogés dans les pays les plus grands Chine, Inde, Brésil ont une tendance plus marquée à identifier leur pays comme une région en tant que telle. Enfin, la tendance des étudiants russes à déclarer un sentiment d’appartenance spatial fortement marqué par l’échelon national joue également un rôle dans cette représentation de la Russie comme une région du Monde. A cet égard la fréquence de l’identification de la région culturelle nommée Russie » s’explique surtout par les effets de la propagande officielle et l’endoctrinement social qui inspirent la vision de la Russie comme un centre souverain » et autonome dans le monde contemporain multipolaire, non dominée par les États-Unis ou l’Occident Kolossov, 2013. Figure 2. Fréquence d’utilisation des noms de régions par les étudiants russes. 2 La représentation du monde des étudiants hongrois est, quoi qu’il en soit, très spécifique. S’ils s ... 16D’autres étudiants identifient la Russie comme une région du monde, mais leur distribution est irrégulière dans l’échantillon figure 3. Ainsi, les étudiants des anciens pays soviétiques ou des démocraties populaires » ayant fait partie de l’aire d’influence de l’Union soviétique à l’exception des Hongrois2 la nomment un peu plus fréquemment que les autres, et ce d’autant plus qu’ils se situent toujours dans l’aire d’influence diplomatique et économique de la Russie. Ainsi 29 % des étudiants azéris et 28 % des étudiants moldaves la nomment tandis que les étudiants roumains ne sont que 19 %. Cette différence peut avoir deux causes. Premièrement, l’Azerbaïdjan et la Moldavie ont fait partie de l’Union soviétique ce qui a facilité la circulation et la persistance de certaines idées et représentations communes. Par ailleurs, ces deux pays qui partagent avec la Russie un passé commun, restent lié à cette dernière par des flux migratoires de centaines de milliers de travailleurs internationaux dans les villes russes. Deuxièmement, la Roumanie n’a jamais fait partie de l’Union soviétique et elle s’est davantage encore éloignée de l’influence russe en adhérant à l’Union européenne et à l’OTAN. Pour les autres pays, la distance semble jouer un rôle figure 3 car on observe une décroissance du nombre de citations de l’Eurasie en allant de la Suède au Portugal, en passant par la France et la Belgique. Figure 3. Fréquence d’utilisation du terme Russie » en fonction de l’éloignement à la Fédération de Russie. 17Dans un second temps, avec une approche topologique, nous analysons les régions dans lesquelles la Russie est généralement incluse par les étudiants russes en sélectionnant les polygones dont le tracé contient tout ou partie du territoire russe. On analyse ensuite le tracé des limites des régions formées figure 4 et les noms qui leur sont donnés. Avec cette méthode, le territoire de la Fédération de Russie s’individualise clairement, mais on remarque surtout que les aires où les fréquences d’inclusion sont les plus élevées sont, d’une part, des aires étroites situées le long de la frontière sud de la Russie et, d’autre part, une aire plus large dans la partie occidentale du pays. Ces deux espaces sont des zones d’imprécision ou d’incertitude dans le tracé des régions Didelon et al., 2011 que l’on trouve également chez les autres étudiants de l’échantillon. Au sud, c’est dû à une imprécision liée au manque de soin du trait de crayon des étudiants – ceux qui ont identifié un Etat russe – le long de la frontière et à la faible résolution » de la grille carrés de 100 km qui sert à mesurer le niveau d’inclusion dans les différentes régions. Pour la zone ouest, on est dans le domaine de l’incertitude. Les étudiants ont hésité à placer certaines parties du territoire russe soit dans l’Europe soit dans l’Asie. Cet espace est donc un espace dont l’appartenance à une région du monde est confuse et c’est un espace où les régions peuvent se chevaucher Didelon et al., 2011. L’extension des régions de coappartenance qui portent la Russie vers le reste de l’Asie ou vers le reste de l’Europe confirment d’ailleurs l’existence d’un doute sur l’appartenance continentale » du pays. Figure 4. Structure des régions tracées par les étudiants russes incluant la Russie. 3 Les autres noms ou expressions utilisés le sont par moins de 2% des étudiants russes et ne sont pas ... 18Tracer une région Russie » est une façon de répondre à cette incertitude. Le vocabulaire utilisé pour nommer ces régions le confirme d’ailleurs. En effet, si les mots utilisés peuvent être nombreux, on observe des tendances intéressantes. La représentation de l’appartenance d’un espace à une région donnée apparaîtra comme peu ambiguë lorsque peu de noms différents sont utilisés et que les fréquences de citations sont élevées. Si le nombre de noms utilisés est plus important et que les fréquences d’inclusion sont faibles, l’appartenance sera plus ambigüe. On est, ici, dans le second cas, même si, pour l’ensemble des polygones sélectionnés, le terme Russie » est le plus utilisé 51 % des noms utilisés. Les deux noms les plus utilisés ensuite sont l’Europe 30 % et l’Asie 27 %, ce qui confirme que le territoire russe peut-être placé dans l’une ou l’autre de ces régions, ou même, ce qui peut arriver, partiellement dans les deux en même temps. Les deux noms de régions les plus utilisés ensuite sont l’Eurasie et la CEI avec respectivement 11 % et 3 % des occurrences3, confirmant l’existence d’une vision régionaliste » chez les étudiants russes, mais beaucoup moins fréquente qu’une vision étatique ou continentale ». L’Ukraine, la Géorgie et l’hypothèse du choc des régionalismes 19Pour évaluer l’intensité et l’extension spatiale de la représentation régionaliste, nous avons effectué, pour l’ensemble de l’échantillon, un test à partir de deux pays voisins de la Russie situés dans sa sphère d’influence. D’une part, l’Ukraine, pour laquelle la question du choc des régionalismes, c’est-à-dire le tiraillement entre des projets d’intégration régionale concurrents et antagonistes un rapprochement de l’Union européenne versus une intégration dans l’Union douanière dominée par la Russie, est parfois évoquée Teurtrie, 2010 ; Richard, 2014. D’autre part, la Géorgie, plus éloignée de l’Union européenne bien qu’intéressée par un rapprochement aussi et qui entretient des relations conflictuelles avec la Russie. Nous avons mis en œuvre une approche topologique en sélectionnant les régions qui incluent chacun de ces pays dans les 5 227 questionnaires valides de l’échantillon, afin d’analyser les noms donnés aux régions où ils sont inclus. 20L’espace d’inclusion des deux pays varie fortement figures 5a et 5b. L’Ukraine est majoritairement incluse dans une région qui contient tout ou partie de l’Europe centrale et les pays d’Europe de l’Ouest, ce que confirme l’analyse du nom des régions figures 6, 7 et 8. Le terme Europe » est utilisé dans 40 % des questionnaires auxquels peuvent s’ajouter 2,6 % d’Europe de l’Est ». En revanche, l’Ukraine est moins souvent placée dans une région qui contient la Russie, dont le nom 10,6 % des questionnaires n’apparaît pas plus souvent que Asie » 9,6 %. La situation de la Géorgie est moins claire, le pays étant même moins fréquemment inclus dans une région quelconque que l’Ukraine. Pour la Géorgie, les régions Europe » et Asie » sont majoritaires, mais cela ne représente que 15,3 % et 14,5 % des questionnaires. Elle se trouve en réalité dans une zone dont l’appartenance à telle ou telle région est très incertaine. Enfin, la fréquence d’inclusion de la Géorgie dans une région Russie » est plus faible que pour l’Ukraine. Figures 5a et 5b. Régions incluant l’Ukraine et la Géorgie. Figure 6. Noms de régions donnés à l’Ukraine et la Géorgie. Figure 7. Répartition par pays de l’utilisation des quatre noms de région les plus donnés pour l’Ukraine. Figure 8. Répartition par pays de l’utilisation des cinq noms de région les plus donnés pour la Géorgie. 21Se pose ensuite la question de l’existence d’une différence entre les étudiants russes et ceux de l’Union européenne dans l’inclusion des deux pays. Une telle différence viendrait corroborer l’hypothèse d’un choc des régionalismes. La distribution de l’utilisation des noms de région en fonction du lieu d’enquête fait apparaitre une différence sensible dans le cas des étudiants russes. L’Ukraine est incluse par eux, à 140 %, dans une région quelconque le chiffre supérieur à 100 % signifie que l’Ukraine est souvent coupée entre deux régions ou que les régions dessinées se recouvrent. Parmi les étudiants russes, 66,2 % placent tout ou partie de l’Ukraine dans l’Europe et 46,8 % dans une région Russie ». Dans l’échantillon, c’est la plus forte inclusion dans la région russe, devant les étudiants suédois et moldaves respectivement 18,4 % et 14,5 % des inclusions. Enfin, les étudiants russes ne semblent pas voir » la Géorgie, puisqu’ils la placent dans une région quelconque dans à peine plus de 20,9 % des questionnaires valides. Quand ils n’oublient pas la Géorgie, ils l’incluent en majorité dans l’Europe. 22Les étudiants des pays membres de l’Union européenne montrent la même tendance, bien que moins marquée, à inclure plus fréquemment l’Ukraine que la Géorgie dans une région du Monde. Suédois, Belges, Maltais, Français, Portugais et Roumains incluent l’Ukraine dans une région dans plus de 50 % des questionnaires valides. Les Hongrois sont l’exception ils n’incluent l’Ukraine dans une région que dans 26,5 % des questionnaires. Pour tous, l’intégration de l’Ukraine dans l’Europe est nettement majoritaire. Ils rejoignent donc les étudiants russes sur ce point. Ils sont en revanche relativement moins nombreux que les étudiants russes à placer la Géorgie dans une région quelconque, sauf les Hongrois qui prennent en compte la Géorgie dans 54 % des questionnaires valides, et les Portugais, pour qui les bi-inclusions semblent fréquentes 126 %. Les tendances d’inclusion de la Géorgie sont plus contrastées que pour l’Ukraine. Les Portugais la placent fréquemment en Russie ou en Asie et très peu en Europe ; les Maltais l’incluent majoritairement dans une région Moyen-Orient ». Pour les autres l’inclusion dans l’Europe est majoritaire même si les taux d’inclusion dans l’Asie sont assez forts pour les étudiants suédois et belges. C’est pour les Hongrois que le taux d’intégration à l’Europe est le plus fort. 23Pour les étudiants russes comme pour ceux de l’Union européenne, l’Ukraine est donc plus souvent prise en compte dans la régionalisation du Monde que la Géorgie, que sa petite superficie rend certes moins visible sur une carte du Monde. Si choc de régionalismes il devait y avoir, la Géorgie n’apparaît donc pas comme un lieu d’affrontement dans les représentations des étudiants, d’autant que son appartenance à une région est plus incertaine. Quant à l’Ukraine, si elle est plus souvent incluse dans une région, la majorité des étudiants, y compris les étudiants russes, l’inclut totalement ou en partie dans l’Europe. Avec une nuance toutefois pour les étudiants russes, la situation de l’Ukraine est plus incertaine » puisqu’ils sont également nombreux à la placer dans une région Russie ». Ils montrent une tendance forte à découper le territoire ukrainien en deux parties qu’ils partagent entre Russie » et Europe », alors que les étudiants européens ont majoritairement tendance à l’exclure ou à l’inclure en entier. La tendance des étudiants russes à partager l’Ukraine entre deux régions est peut-être due à la présence d’une minorité russophone nombreuse dans l’est et le sud de ce pays. Cette représentation ferait ainsi écho à un discours fréquent, selon lequel la Russie doit veiller sur les Russes de l’extérieur qui résident dans les anciennes républiques soviétiques. La situation géopolitique actuelle sur le terrain ukrainien semble aller actuellement dans le sens d’un partage puisque les régions de l’est sont actuellement tenues par les mouvements séparatistes soutenus par les forces russes. Conclusion 24L’enquête Eurobroadmap vise une population peu prise en considération par les enquêtes des grands instituts de recherche ou de sondage, une population jeune qui n’a pas connu la période soviétique et la guerre froide. Elle a permis de montrer que la notion d’Eurasie est nettement sous-représentée dans les visions du monde des étudiants russes. Lorsque cette catégorie existe dans les cartes mentales en tant que région du monde, elle se limite souvent au territoire de la Fédération de Russie, ce qui s’écarte de la définition proposée par les théoriciens du néo-eurasisme. Cela peut s’expliquer par le fait que très souvent les concepts géopolitiques officiels trop abstraits comme, frères slaves » ou frères orthodoxes » ne sont pas populaires dans l’opinion publique russe. 25L’hypothèse qu’il existe des ressemblances entre les visions du monde de la population en général et des étudiants en Russie est envisageable car la Russie est le pays où la part des adultes ayant suivi une scolarité dans l’enseignement supérieur est relativement élevée 53 % des 25-64 ans en Russie, OCDE, 2014. Dans ces conditions, pour faire écho à la question posée en introduction, on peut penser que l’idéologie néoeurasiste, à supposer qu’elle soit influente parmi les dirigeants et dans une partie de la classe politique, est un levier fragile de légitimation de la politique étrangère de la Russie. 26Cela peut nous amener à penser que les étudiants russes ont des visions du monde et de l’Europe qui sont un peu moins déterminées par le souvenir de la guerre froide et de la puissance soviétique que celles de la population en général. On pourrait en déduire que cette catégorie de population est peut-être peu sensible aux sirènes du néo-eurasisme et à l’idée de choc entre la Russie et l’Union européenne. L’idée de reconstituer l’empire par adjonction de la Russie et des territoires des pays voisins n’est pas centrale dans leurs représentations du monde. On assiste peut-être à une évolution générationnelle qui pourrait se confirmer à l’avenir. Les étudiants d’aujourd’hui étant les électeurs les plus éclairés et les plus informés de demain, on peut s’interroger sur l’audience future des idéologues néo-eurasistes et sur leur capacité de mobilisation. L’Union Européenne s’apprête à adopter des sanctions “massives et robustes” contre la Russie, selon les mots du chancelier allemand. Les mesures économiques étudiées sont limitées et leur efficacité reste à veulent taper fort pour éviter “la catastrophe”. Les dirigeants européens occidentaux doivent décider de sanctions unilatérales contre le Kremlin. Berlin a déjà pris la décision de suspendre l’autorisation du gazoduc Nord Stream 2, qui devait relier l’Allemagne à la Russie. Le Royaume-Uni a annoncé de son côté "une première série" de sanctions économiques. Mais quelle est la nature de ces mesures envisagées? Sont-elles suffisamment dissuasives face à un pays aux richesses limitées mais déjà économiquement replié sur lui-même?• Quelles sanctions économiques peuvent être envisagées contre la Russie?Au-delà des leviers diplomatiques, ce sont bien des leviers économiques qui vont être utilisés pour mettre la pression sur Moscou. Un arsenal de mesures est à la disposition des occidentaux.•Les oligarques russes proches de Vladimir Poutine pourraient voir leurs biens saisis et leurs avoirs bloqués.•Les Etats-Unis promettent de sévères sanctions sur les industries essentielles et les institutions financières. Parmi elles, Swift, système international de paiement par messagerie bancaire qui réunit 200 pays et entreprises. Il sert à effectuer des transactions sécurisées. La Russie pourrait en être exclue. Une mesure hautement symbolique sur le plan diplomatique.•Autre possibilité envisagée par les Américains couper l’accès de la Russie aux dollars.•L'interruption du projet de nouveau gazoduc Nord Stream 2 destiné à acheminer le gaz russe vers l’Europe est exigée par l’Ukraine et vient d'être accepté par l'Allemagne.•Autre possibilité, interdire les exportations technologiques intelligence artificielle et nouveaux d’ordinateurs pourraient être concernés, pour empêcher le développement• La Russie est-elle prête à prendre ce risque économique?Le détail du budget national russe est flou. Il contient même des lignes secrètes, en particulier celles liées à la défense. Selon Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie de l’IFRI. Difficile de mesurer précisément dès lors l’impact possible des sanctions est-il que le taux d’inflation en Russie a atteint 8% en un an, un record depuis 5 ans. Le pouvoir d’achat des russes est en recul de 10% en moins d’une dernier bulletin d'Eurostat sur le commerce extérieur européen montre que la Russie reste un des principaux partenaires de l'UE, malgré la baisse des échanges internationaux. Pour 2021, la Russie a exporté pour 158 milliards d'euros vers l'Europe, c'est plus que le Royaume-Uni 146 milliards d'euros.Les mesures économiques pourraient donc assécher des échanges commerciaux majeurs pour la que la Russie pâtit d’une économie peu diversifiée, concentrée sur les hydrocarbures. Or, pour continuer l'extraction de gisements de pétrole, Moscou a besoin d’un savoir-faire technologique qui pourrait bien lui manquer à moyen terme. Le pays vit de ses réserves mais ne développe plus de nouveaux gisements.• Ces sanctions peuvent-elles être efficaces?"Nous n'en n'avons rien à foutre." C’est le message délivré par l'ambassadeur russe en Suède la semaine dernière, interrogé sur d'éventuelles sanctions européennes contre le des mots, il existe déjà des sanctions économiques contre la Russie depuis l’annexion de la Crimée depuis 2014. Depuis, la Russie a appris à produire plus et à importer moins. Le pays est devenu, par exemple, le premier exportateur mondial de blé. De quoi lui rapporter plus que les ventes d’ produits énergétiques restent le cœur de l’économie du pays. Ils représentent plus de 60% des exportations du pays. Cette absence de diversification est paradoxalement un avantage en ce moment les menaces de conflit ont fait grimper les cours des matières premières, principales richesses du de dollars, si elle ne faciliterait pas les échanges, ne serait pas un élément bloquant pour la Russie. Le pays s’est préparé à cette éventualité. Seulement 10% des hydrocarbures sont encore vendus en dollars… contre 100% en est d’ailleurs plus présent que le dollar dans le pays, désormais. 16% des réserves du pays sont des le professeur au Collège de France et économiste Philippe Aghion, l’Occident n’a pas les moyens de sanctionner économiquement la Russie. “Poutine a totalement pris en compte le fait qu’il pouvait y avoir des sanctions. Il sait les contourner. Je ne crois pas du tout à l’efficacité des sanctions contre la Russie".A défaut de commercer avec l’Union Européenne et les Etats-Unis, la Russie peut compter sur la Chine, qui pourrait bien voler à son secours, notamment pour les matières premières. Pékin est déjà le premier partenaire commercial de la Chine depuis 12 ans. En 2020, les importations chinoises de gaz russe ont augmenté de 75% en valeur et de 31% pour le pétrole. Les exportations de produits chinois en Russie ont progressé de 22%. Les deux pays vont d’ailleurs inaugurer un pont autoroutier pour faciliter les échanges de Russie peut aussi compter… sur elle-même. Son stock d’or a été multiplié par l’intérieur de la Russie, l’exclusion du système Swift aurait des conséquences très limitées puisqu’ils disposent de leur propre de 40 pays sont sous sanctions dans le monde, la France en applique contre 25 pays. De quoi provoquer de l’inflation, des pénuries, rendre la vie des populations plus compliquées, mais cela n’a pas d’impact politique réel. L’exemple de l’échec politique de l’embargo américain contre Cuba depuis les années 1960 le montre bien. Celles prises contre la Corée du Nord n'empêchent pas la dictature de fonctionner.• Quelles mesures de rétorsions économiques de la Russie?Vladimir Poutine pourrait décider de mettre un terme aux exportations de blé. Cela aurait peu de conséquences sur la consommation des européens mais aurait pour désagrément de faire monter les prix partout en ailleurs, les sanctions économiques pourraient se retourner contre nous. Plus de 500 filiales d’entreprises françaises sont implantées en Russie, dont 35 entreprises du CAC 40. La France est le premier employeur étranger avec près de levier, les livraisons de gaz, que Moscou pourrait encore réduire. Bloquer le gazoduc Nord Stream 2 aurait pour conséquence d’affaiblir l’économie allemande. 40% du gaz européen est russe. L’Europe osera-t-elle couper le robinet de gaz quitte à en manquer? C’est peu probable. Les professionnels de la finance seront-ils bientôt recrutés par des algorithmes ? Tout porte à le croire si l’on considère que les départements RH ont de plus en plus recours au Big Data et aux mégadonnées pour départager les candidatures en amont du processus de recrutement. Mais le fait n’est pas nouveau. Depuis les années 2000, le robot fait partie intégrante du système de recrutement 95% des grosses entreprises et 50% des PME y ont recours», expliquait il y a un peu moins d’un an au Figaro Laurianne Laval, marketing manager chez MyJobCompany. Baptisés Applicant Tracking Systems ATS, les robots scannent et notent votre profil, et déterminent si votre candidature est oui ou non digne d’intérêt. Voici donc quelques conseils utiles afin de maximiser vos chances d’être sélectionné par l’un de ces fameux robots… Sachez utiliser les bons mots-clés » dans votre CV…. Les logiciels ATS sont paramétrés avec des mots-clés utilisés dans les annonces faisant référence à des compétences techniques ex Bâle2, Java, bilingue anglais… et/ou comportementales management, résistance au stress, mobilité géographique….. A vous de les repérer et de les mentionner dans vos CV et lettres de motivation afin d’être repérés par les radars. Respectez à la lettre les mots balises figurant dans l’annonce majuscule au bon endroit, abréviation ou pas… faute de quoi le robot ne les trouvera pas. Il peut être utile d’identifier sur quoi l’entreprise se concentre recherchez cela sur son site web. Si elle est axée sur le client’ ou indique être une marque de renommée’ ou globale’ ou stratégique’, il y a de fortes chances pour que ces termes soient inclus dans la liste de mots-clés. Mentionnez-les aussi dans votre CV », conseille Robert Namar, en charge de la stratégie digitale, marketing et médias sociaux chez Morgan Stanley Wealth Management. … sans négliger les mots-clés connexes Contrairement à la règle qui prévalait précédemment, il est aujourd’hui important de balayer une plus large partie du spectre. Les logiciels ATS fonctionnant sur une base sémantique’ vont au-delà des mots-clés apparaissant dans les annonces, pour prendre en considération les termes indiquant des compétences connexes. Veillez donc à mentionner toutes les compétences pertinentes susceptibles de valoriser votre CV pour le poste que vous visez. Optez pour une mise en page simple de votre CV Le logiciel ATS peut être déstabilisé’ par des expressions créatives et non-traditionnelles. Eliminez donc les bullet points, tableaux et autres graphiques, au profit des tirets et astérisques. Faites en sorte que vos rubriques soient claires et compréhensibles et espacez les sections. Indiquez le nom de l’entreprise avant d’énumérer les années où vous y avez travaillé. La plupart des logiciels ont été programmés pour voir où vous avez travaillé, puis vérifier si vous y avez bien travaillé. Toute confusion peut générer une baisse de votre notation. Créer votre CV dans un éditeur de texte tel que TextEdit ou Notepad est un bon moyen pour commencer. Cela permet de ne pas vous laisser envahir par votre créativité. Puis, quand vous finalisez un document Word, retenez-vous à nouveau. Pour le robot, c’est le contenu qui compte, pas l’apparence… », poursuit Robert Namar. Actualisez et harmonisez votre CV en ligne Les dates revêtent aussi de l’importance dans les recherches effectuées par les robots. Aussi faites en sorte que l’année en cours 2015 soit bien mentionnée et que les informations vous concernant soient toujours d’actualité. Le fait de modifier régulièrement ces informations permet aussi à ce que votre profil remonte » parmi ceux susceptibles d’être retenus. Grande est la tentation pour les candidats d’adapter leur CV en fonction du poste convoité. Mieux vaut néanmoins que votre CV accessible en ligne soit basique et homogène, quitte à créer ensuite un nouveau CV pour chaque emploi auquel vous postulez. Il existe en effet des logiciels de vérification de CV qui traquent les incohérences et qui feront que votre candidature sera aussitôt écartée en cas de suspicion. Sans oublier la technologie Interactive Fact Checking System, qui compare les données fournies par les utilisateurs avec d’autres sources disponibles sur Internet. Ne vous contentez pas de faire de la simple figuration sur les réseaux sociaux Tout le monde ou presque a un compte LinkedIn et /ou Twitter. Pour attirer l’attention des robots qui sont aujourd’hui capables de mesurer l’influence d’un internaute au delà de sa simple présence sur la toile, il faut vous démarquer. Faites en sorte que figurent sur votre profil LinkedIn ou Viadeo des recommandations de vos N+1 sur vos compétences. Veillez aussi à ce que votre compte Twitter ou Facebook soit actif likez, retweetez les messages des professionnels de votre secteur, postez vous-même régulièrement des messages démontrant votre intérêt pour la finance. L’effet démultiplicateur des réseaux sociaux fera le reste… à condition d’être patient et opiniâtre. Soignez votre réputation Internet Comme le prévoient déjà les chartes de recrutement éthique, les recruteurs ne sont pas sensés aller chercher des informations sur votre compte Facebook. A ce sujet, la loi informatique et liberté, qui sert de référence, prévoit que la collecte et le traitement des informations doit avoir un objectif déterminé, légitime et explicite. Les informations collectées devront toujours être en lien avec la finalité du recrutement », confie Sébastien Bompart, président de l’association A Compétence Egale, à l’Express. La Cnil continue d’ailleurs de plancher sur le sujet. Mais avouez qu’il serait dommage que tous vos efforts soient réduits à néant à cause d’une photo de vous passablement éméché dans une soirée étudiante ou bien d’un commentaire politique au vitriol. De façon générale, bannissez ou du moins ne partagez pas au vu et au su de tous tout ce qui pourrait de près ou de loin nuire à l’image de votre futur employeur. Inscrivez-vous à des MOOC et réussissez brillamment Passés au peigne fin par les algorithmes, les Massive Open Online Courses MOOC constituent une véritable mine de renseignements. Pour un recruteur, les résultats aux Mooc sont une mine on peut y analyser les compétences d’une personne, mais aussi ses capacités d’interaction ou d’animation d’une équipe », explique sur son blog perso Franck La Pinta, responsable de la stratégie digitale à la DRH de la Société Générale. Si les Mooc sont dispensés par de grandes écoles, c’est encore mieux. Certains logiciels ATS sont en effet conçus pour accorder une pondération plus élevée à certains établissements universitaires. Enfin, il ne suffit pas de s’inscrire à ces cours en ligne gratuits, encore faut-il y obtenir de bons résultats. C’est pourquoi il est plus judicieux de s’inscrire à un ou deux Mooc maximum par an - comptez en moyenne quelques dizaines d’heures de travail pour chacun - et de tenter de les réussir avec brio. Participez et/ou organisez des événements professionnels Chaque fois que vous participez à un événement professionnel, votre nom a toute les chances de se retrouver dans la base de données de l’organisateur, voire de ses sponsors. Si vous intervenez comme speaker », c’est encore mieux en termes de visibilité surtout si l’événement fait l’objet d’une couverture média. Enfin, rien de vous empêche d’organiser vous-même un événement autour de la finance sur la plateforme Meetup par exemple afin de démontrer vos talents d’organisateur et de facilitateur de rencontres physiques. Prenez le clavier… ou la plume Afin de rayonner à l’international, les grandes écoles recrutent souvent leurs enseignants sur la base des travaux de recherche qu’ils ont publiés. Dans la même veine, pour se démarquer, nombreux sont les financiers qui alimentent un blog perso ou un groupe de discussion sur les réseaux sociaux professionnels autour de l’un de leur domaine de prédilection. D’autres choisissent carrément de publier un livre sur leur expérience en finance comme Greg Smith ex-Goldman Sachs, John Lefevre ex-Citigroup ou plus récemment Sam Polk, un ancien de Bank of America, Crédit Suisse et du fonds spéculatif new-yorkais King Street Capital Management. Bref, plus votre nom sera associé sur Internet à des termes professionnels relatifs à votre métier, plus votre crédibilité sera grande auprès des robots. Surtout si les sujets que vous traitez sont d’actualité… Enfin, restez-vous même… Même si certains voient dans le Big Data un nouveau moyen de recruter des clones, deux psychologues de l’université du Minnesota ont réussi à démontrer dans une étude de la Harvard Business Review qu’en matière de recrutement, les algorithmes faisaient mieux que l’intuition humaine. Bien paramétré, un modèle informatique capable de brasser des informations sur les candidats - depuis un CV, les réseaux sociaux, des tests de personnalité, etc. – aurait ainsi plus de chance de sélectionner les meilleures recrues que les employeurs. En outre, des expériences menées aux Etats-Unis sur des postes de conseillers en centres d’appels ont révélé que des salariés ayant une expérience dans ce métier n’étaient pas forcément les meilleurs pour occuper le poste, tandis que des personnes étant passées par le chômage de longue durée ou même par la prison étaient de bons candidats. Le champ des possibles reste donc grand ouvert… grâce à nos amis robots.

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